Critique "Mad Max : Fury Road"

Critique « Mad Max : Fury Road »

La première bande-annonce avait marqué les esprits à la San Diego Comic Con de 2014. Les critiques ne font que l’encenser, les festivaliers de Cannes ont évoqué un « choc ». Les spécialistes crient au génie. En voyant tout cela, il est toujours compliqué d’aller voir un film sans avoir d’énormes attentes. Rassurez-vous, avec Mad Max : Fury Road, vous en aurez pour votre argent, à tel point que vous aurez envie d’y retourner encore et encore, juste pour ne pas quitter l’univers de Max Rockatansky.

tom masque

La saga Mad Max est avant tout une saga d’action. Il est question d’un monde post-apocalyptique où les plus fous survivent, où il y a des grosses bagnoles, des motos qui crachent des flammes, et surtout Max, héros solitaire parcourant ce monde. La force du premier film de 1980 était d’utiliser les déserts comme simple décor et de créer un univers jusque-là jamais vu au cinéma. Comme se passe la transition en 2015 ? Et bien le moins que l’on puisse dire, c’est que le réalisateur George Miller a su décupler son univers, l’enrichissant par de multiples moyens, le tout pour sublimer un blockbuster d’un nouveau genre.

perches

Un nouveau genre parce qu’aujourd’hui les blockbusters dégoulinent d’effets spéciaux, parfois pour notre plus grand plaisir mais pas toujours (coucou Avengers 2). La force de Mad Max : Fury Road est d’utiliser le moins de fonds verts possibles : les acteurs ont vraiment très chauds, ils sont vraiment plein de sable, plein de voiture ont vraiment explosé, bref rien que pour ça on se doit d’apprécier le travail magistral effectué par George Miller.

Beaucoup disent que ce long métrage est un film d’action non-stop. Ce n’est pas tout à fait exact. Le montage du film, plus que réussi par ailleurs, séquence 4 courses-poursuites par des passages plus calmes qui nous permettent littéralement de reprendre notre respiration. Ils apportent des éléments supplémentaires à l’histoire et à l’univers tout en nous montrant des visuels à couper le souffle.

Même au niveau du scénario, on est loin des recettes toutes faites qui cartonnent au box-office en ce moment. Ici, on est dans une société post-apocalyptique où les dégâts nucléaires sont visibles sur la population, où l’eau manque, où l’essence est la denrée la plus recherchée et où les survivants sont soit soumis, soit fous. L’univers est grand, mais peu dévoilé, le cinéaste nous fait directement vivre dans le monde qu’il a créé, nous faisant craindre Immortan Joe (Hugh Keays-Byrne) et ses warboys, comme le font les habitants de la Citadelle. On découvre la mythologie de ces guerriers de la route, leur langage et surtout leurs véhicules, tous plus déments les uns que les autres (on pense à l’énorme camion et son guitariste déjanté).

Immortan Joe

Tout cet univers narratif est sublimé par des prises de vues hallucinantes, des couleurs éblouissantes, le tout étant souligné par une musique composée par Junkie XL rythmant à merveille cette folie visuelle. Entre musique classique et solo de guitare, la moindre scène est dotée d’un accompagnement sonore parfait.

Même si Max reste au centre du film et que Tom Hardy impose son charisme en tant que chevalier solitaire, c’est bien Charlize Theron la vraie héroïne de la Fury Road. L’Imperator Furiosa ( un nom bien badass !) personnifie à elle seule l’image de l’Amazone. Marqué du sceau de son bourreau, armé d’un bras mécanique, elle est prête à tout pour sauver les jeunes femmes esclaves d’Immortan Joe. Maquillée d’huile de moteur, crâne rasée, l’actrice impressionne dans cette performance et nous donne envie d’applaudir la force de ce personnage déjà culte. Pas d’histoire d’amour niaise ici, une vraie girl power qui fait plaisir à voir, un vrai film de science-fiction où les femmes ne sont pas prises pour des jambons. Et franchement ça fait plaisir à voir.

Charlize

Au-delà de tous ces éléments, il convient d’aller voir Mad Max : Fury Road pour vivre son univers. Le scénario est ce qu’il est, mais ce long-métrage est bel et bien une expérience hors du commun qu’il faut vivre. Vous en ressortirez marqué, essoufflé, ayant l’impression d’avoir du sable et du sang sur vous. L’univers que George Miller peint sous nos yeux est d’une complexité rare, la technique utilisée est grandiose, les acteurs cultes, que dire de plus ? What a lovely day !

Note : 9/10

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